Le tribunal paraguayen spécialisé dans les délits économiques a condamné Edgardo Kueider et Iara Guinsel à deux ans de prison avec sursis pour tentative de contrebande. L'affaire remonte à décembre 2024, lorsqu'ils ont voulu entrer à Ciudad del Este depuis Foz do Iguaçu avec 200 000 dollars non déclarés. L'ancien représentant d'Entre Ríos a annoncé qu'il ferait appel de cette condamnation étrangère.
Matías Garcete Piris, membre du tribunal avec Adriana Planas et la présidente Elsa García, a défendu une procédure fondée sur la loi et les preuves. Il a séparé l'impact public de l'évaluation judiciaire et affirmé que le statut de législateur ou de figure politique ne changeait pas les garanties. L'affaire devait être tranchée selon le même standard que pour toute personne.
Le verdict, unanime, a été rendu après la dernière audience du 13 juillet. Les juges ont indiqué que leur conviction s'était construite pendant les débats et que les faits relevaient de l'article 336 du Code douanier paraguayen, modifié par la loi 6.417 de 2019, avec des dispositions du Code pénal. Cette combinaison a soutenu la qualification de tentative.
Le principal débat portait sur la possibilité de considérer le transport de billets comme de la contrebande. La défense affirmait que le délit concernait les marchandises et que l'argent trouvé dans la Chevrolet Trailblazer n'en était pas une. Le tribunal a longuement motivé ce point car les précédents développés sont rares : les affaires similaires se terminent souvent par une procédure abrégée avant le procès oral.
Pour Garcete Piris, cette singularité rend le jugement important sans en faire encore une jurisprudence établie. Le procès public a permis de discuter le fond et d'expliquer expressément pourquoi l'argent non déclaré entrait dans l'infraction. Il a relié cette lecture à la loi 6.417, adoptée après des recommandations du GAFI pour préciser le traitement des transferts transfrontaliers d'espèces.
Kueider et Guinsel ont choisi de ne pas témoigner, décision que le tribunal n'a pas retenue comme indice de culpabilité. Le juge a rappelé que le silence est un droit constitutionnel et procédural au Paraguay. L'ancien sénateur n'a parlé qu'au moment des derniers mots, étape permettant une demande finale mais ne constituant ni déclaration formelle ni preuve.
L'appel devrait se concentrer sur l'idée que l'argent n'est pas une marchandise et sur le droit comparé que Kueider estime négligé. Jusqu'à l'examen par une juridiction supérieure, la peine avec sursis demeure en vigueur et repose, selon le tribunal, uniquement sur les preuves produites au procès. La prochaine étape dira si l'interprétation appliquée au passage des 200 000 dollars est maintenue ou corrigée.