La province de Buenos Aires a décidé de clore l'étape de conciliation ouverte devant la Cour suprême au sujet de la dette prévisionnelle qu'elle réclame à l'ANSES. Cette décision est intervenue après une nouvelle audience au cours de laquelle le gouvernement national n'a pas présenté de proposition concrète de paiement pour les fonds liés au financement du régime de retraite provincial.
Le dossier a une portée économique majeure pour l'administration provinciale: la réclamation dépasse 2,3 billions de pesos. Axel Kicillof a conduit la délégation bonaerense et a estimé que l'absence d'offre nationale ne laissait plus de marge au processus de négociation impulsé par le tribunal.
Le point de rupture a été le non-respect d'une attente précédente. Lors de l'audience antérieure, les représentants de l'État national avaient indiqué qu'ils arriveraient avec une proposition d'avances afin de commencer à réduire la dette. Ils ont finalement demandé davantage de temps pour compléter des révisions techniques avant de présenter un schéma de paiement.
Dans ce contexte, Buenos Aires cherche désormais à ce que la Cour avance par la voie conservatoire. La province demande une décision capable de répondre à l'urgence financière pendant que le litige de fond se poursuit, dans un conflit qui réunit ressources de retraite, équilibre fiscal et relation institutionnelle entre le gouvernement national et les provinces.
Kicillof a relié l'affaire à la manière dont le gouvernement national soutient son résultat budgétaire. Le gouverneur a contesté l'idée d'un excédent construit au moyen de coupes ou de retards touchant les retraités, les universités et les provinces, et a soutenu que Buenos Aires demeure privée de fonds que d'autres juridictions auraient reçus.
La réclamation prévisionnelle s'inscrit dans une dispute plus vaste. La province estime que la dette totale de l'État national envers le district dépasse 22 billions de pesos si l'on ajoute les transferts interrompus et les pertes de recettes. Dans la stratégie bonaerense, le dossier de la caisse de retraite fonctionne comme une cause témoin devant la plus haute juridiction.
L'audience a réuni des responsables clés du cabinet provincial, dont le ministre de l'Économie Pablo López, des représentants juridiques de l'État bonaerense et des autorités de l'Institut de prévoyance sociale. Le signal politique est clair: Buenos Aires veut transformer la fin de la conciliation en une nouvelle phase judiciaire du conflit sur les ressources fédérales.