La députée nationale Vanesa Siley a présenté un projet de loi sur les soins pour la personne travaillant dans les services de plateformes numériques. L'initiative vise à établir des droits spécifiques pour les livreurs, les conducteurs et d'autres prestataires opérant via des applications comme Rappi, PedidosYa, Uber ou Cabify, sans exclure l'application des normes du travail lorsque cela est approprié selon chaque relation.
Le texte apparaît après que la loi 27.802 de modernisation du travail ait défini la figure du prestataire indépendant d'applications, sans relation de dépendance ni couverture générale par la loi sur le contrat de travail. Il prend également comme référence la convention 193 approuvée par l'Organisation internationale du travail et des expériences normatives ou des débats ouverts dans d'autres pays.
Parmi ses dispositions, le projet reconnaît la liberté de définir la journée de travail et considère comme temps de travail la période comprise entre la connexion et la déconnexion de l'application. Il propose des stations sanitaires coordonnées avec les municipalités et CABA, un bouton d'urgence pour les situations d'insécurité, des canaux de support avec présence physique et téléphonique, une formation, des casques et d'autres éléments de protection.
L'initiative intègre des assurances contre les dommages, une couverture contre les tiers et un régime simplifié des risques professionnels via une ART. Elle prévoit des vacances échelonnées de 14 à 35 jours calendaires selon l'ancienneté, sans pénalité sur la réputation numérique, et établit que travailler sur des plateformes soit compatible avec des programmes sociaux, éducatifs ou d'emploi.
Un autre axe est la transparence algorithmique. Les personnes auraient le droit de connaître les paramètres utilisés pour attribuer des tâches, élaborer des profils ou conditionner l'accès à l'emploi. Les entreprises ne pourraient pas déconnecter quelqu'un sans justification préalable, et la réputation numérique serait reconnue comme un actif portable. Le calcul des distances devrait suivre le tracé urbain réellement parcouru.
Le projet crée une Commission Nacional de Travail sur les Plates-formes Numériques composée de l'État, des syndicats et des entreprises afin de fixer des rémunérations minimales, des conditions de travail et des protocoles de contrôle algorithmique. Le secteur regrouperait plus de 67.000 personnes et aurait connu une croissance de 289,5% entre 2020 et 2023. Ces données fondent la proposition, mais ses avantages ne sont pas en vigueur : ils nécessitent un débat, une négociation, une approbation législative et des majorités parlementaires.