Ville autonome de Buenos Aires Économie

Neuf foyers sur dix dans les quartiers populaires de Buenos Aires ont un certain déficit

Partager
Facebook X LinkedIn WhatsApp

Une enquête sur 56 667 foyers montre que 89 % rencontrent des problèmes de logement, de services ou de propriété. Près de 10 000 familles ont besoin d'une autre unité, 33 956 nécessitent des améliorations et 25 050 vivent dans des maisons adéquates, mais sans titre de propriété régularisé.

Écouter cet article

Prêt à écouter

Une enquête de la Fundación Tejido Urbano a exposé l'ampleur et la diversité du déficit de logement dans les villas et quartiers populaires de la ville de Buenos Aires. L'étude, construite à partir des données du recensement de 2022 et de la Encuesta Permanente de Hogares du INDEC, a couvert 15 ensembles qui rassemblent 98 % des foyers de cet univers, soit environ 200 000 habitants. Sur les 56 667 foyers analysés, 89 % présentent au moins un problème de logement, de services, de surpeuplement ou de régularité de la propriété.

La qualité matérielle constitue une part importante, mais elle n'explique pas à elle seule la situation. 62 % résident dans des constructions considérées comme déficientes, 5,5 % souffrent de surpeuplement critique — plus de trois personnes par pièce — et 23,4 % affrontent un surpeuplement modéré. Le rapport a également identifié 9 834 foyers, soit 19 % du total, qui ont besoin d'un logement supplémentaire : 5 366 occupent des unités irréparables, 2 435 sont surpeuplés et 1 088 partagent une maison avec un autre foyer.

Les services présentent une couverture formellement élevée qui masque des connexions précaires. L'eau du réseau atteint 88,3 % et les égouts 95,1 %, bien qu'une partie importante de ces accès manque de régularité et ne garantisse pas la même qualité ou sécurité. L'écart le plus marqué apparaît dans l'énergie pour la cuisson : 79,2 % ne disposent ni de gaz du réseau ni d'électricité à cet effet et dépendent principalement de bouteilles de gaz.

Le groupe le plus nombreux n'a pas nécessairement besoin d'une nouvelle maison, mais plutôt d'améliorer ou de régulariser celle qu'il occupe déjà. Il s'agit de 33 956 familles, parmi lesquelles 25 050 vivent dans des unités sans déficiences matérielles mais n'ont pas de sécurité juridique sur la propriété. D'autres 8 906 combinent cette fragilité de possession avec des problèmes de bâtiment ou de services. À ce panorama s'ajoutent 6 681 foyers locataires qui ne présentent pas les déficits précédents, mais ne peuvent pas non plus accéder à la propriété.

L'inégalité en matière de logement est liée à celle des revenus. 79 % des foyers de ces quartiers se trouvent en dessous du panier global de dépenses, contre 21 % en moyenne à Buenos Aires, et plus de la moitié des familles surpeuplées perçoit moins de 886 000 pesos par mois. Bien que ces quartiers ne représentent que 4 % des foyers de la ville, ils concentrent 54 % des besoins en amélioration des logements récupérables et 37 % des cas de manque de services de base ou de sécurité dans la possession.

Le diagnostic permet également d'éviter de traiter tous les quartiers comme un bloc uniforme. Les cinq les plus peuplés regroupent 75 % de leurs habitants, mais la Villa 31 et 31 bis montre des progrès associés à l'urbanisation, tandis que la Villa 21-24 maintient des risques environnementaux plus sévères. L'existence de 11 % de personnes sans problèmes individuels et le poids de l'irrégularité foncière indiquent que la réponse ne peut se limiter à construire : elle devra combiner de nouveaux logements, des améliorations, la formalisation des services et les titres en fonction des besoins concrets de chaque foyer.

Étiquettes de l’article