Le processus de relance des appels d'offres des corridors routiers nationaux a laissé sans emploi 150 travailleurs des stations de péage à Corrientes. Les licenciements ont touché le personnel du corridor du Litoral qui travaillait sur le pont interprovincial Général Belgrano, Riachuelo et Ituzaingó, sur la Ruta Nacional 12. Les indemnités ont été liquidées, mais les anciens employés n'ont pas encore reçu de définition concernant de possibles incorporations par les nouveaux concessionnaires.
Le départ du personnel a eu lieu lors du changement de schéma de gestion routière impulsé par le gouvernement national. La Resolución 1379/2026 de la Ministerio de Economía a attribué huit segments de routes à des opérateurs privés pour 20 ans. Dans l'ensemble, ils couvrent plus de 3.900 kilomètres répartis dans 11 provinces. Les contrats prévoient une exploitation sans subventions directes de l'État et un financement principalement par le biais de la perception de péages.
La préoccupation professionnelle se concentre sur l'automatisation. Les cahiers des charges intègrent des systèmes de paiement électronique et des codes QR qui peuvent réduire le besoin d'opérateurs dans les cabines. Cette technologie ne détermine pas à elle seule les effectifs futurs, car il existe également des tâches de maintenance, de sécurité routière, d'administration et de service aux utilisateurs. Cependant, jusqu'à présent, aucun engagement d'absorption, quota d'emploi ni mécanismes de priorité pour ceux qui ont été licenciés n'ont été diffusés. Aucun programme spécifique de formation financé par le concédant ou par les entreprises adjudicataires n'a non plus été communiqué.
Les trois points affectés ont des fonctions territoriales différentes. Le pont General Belgrano relie Corrientes à Resistencia et soutient un flux urbain et interprovincial intense. Riachuelo et Ituzaingó intègrent le corridor de la Route 12, clé pour les passagers, les cargaisons et la production régionale. Le remplacement de l'opérateur n'implique pas la fermeture des routes ni nécessairement la disparition des stations : le fait confirmé est la fin des liens de travail sous l'administration précédente. Pour les localités, l'ampleur de l'impact dépendra de la résidence des employés licenciés et de la rapidité avec laquelle ils trouveront un autre emploi.
Le paiement des indemnités remplit une obligation économique, mais ne résout pas l'impact sur les revenus familiaux et la consommation locale. Pour évaluer la légalité et la suffisance de chaque liquidation, il faudra connaître l'ancienneté, la convention applicable et les concepts payés. On n'a pas non plus indiqué combien de travailleurs ont accepté des accords, combien les ont contestés ou s'il existe des actions syndicales. Le chiffre de 150 décrit l'univers atteint à Corrientes, et non l'effet total du programme dans les autres provinces. Un éventuel recrutement futur serait un lien nouveau et n'efface pas la rupture déjà effectuée par la structure précédente.
La concession pour deux décennies transfère au nouvel opérateur privé des décisions importantes concernant l'investissement, la technologie et l'organisation du travail dans le cadre des exigences contractuelles nationales. Pour cette raison, le contrôle public devra observer non seulement les tarifs et les travaux, mais aussi la qualité du service et l'emploi. L'extension contractuelle rend pertinent que les indicateurs et les sanctions soient accessibles dès le début. L'automatisation peut accélérer le transit et réduire la gestion des espèces, mais engendre des coûts de transition nécessitant formation, reconversion ou alternatives professionnelles si elle déplace des postes existants.
Le suivi immédiat doit identifier les entreprises adjudicataires de chaque tronçon correntino, les dates de prise de possession et leurs plans de personnel. Il faudra également vérifier si le système QR complétera ou remplacera les cabines, quelles investissements sont obligatoires et comment ils seront contrôlés. Présenter l'épisode comme la fermeture des péages serait imprécis : l'infrastructure continuera sous un autre régime. Il serait également incorrect de le réduire à une démarche indemnitaire, car 150 personnes ont perdu leur emploi et n'ont pas de retour assuré. La tension centrale se situe entre une concession qui promet une efficacité financière et technologique et une transition qui, jusqu'à présent, a laissé son coût du travail concentré sur les travailleurs du couloir du Littoral.