La Pampa a de nouveau chiffré son conflit fiscal avec l'État national. Le gouvernement provincial réclame une dette proche de 400 milliards de pesos, composée principalement de 320 milliards de pesos liés au déficit du système prévisionnel et de 80 milliards supplémentaires associés à des travaux publics abandonnés ou achevés avec des ressources provinciales.
Le point le plus urgent de la réclamation concerne le système de retraite. L'administration nationale n'a pas transféré en juin les 5 milliards de pesos mensuels engagés pour soutenir la caisse prévisionnelle de La Pampa, dans le cadre d'un accord signé en décembre 2023. La province soutient que l'absence de ce versement a directement affecté la stabilité financière de l'institut et l'a obligée à renforcer la gestion des ressources locales.
Le ministre provincial de l'Économie, Guido Bisterfeld, a décrit un système prévisionnel soutenu par quatre sources: les cotisations des actifs provinciaux, les contributions municipales, les fonds que la province et les municipalités affectent par la loi, et la contribution nationale. Lorsqu'un de ces piliers fait défaut, le système entre en tension, en particulier dans une province où l'espérance de vie est élevée et les obligations de retraite prolongées.
La dette ne se limite pas au régime prévisionnel. La Pampa inclut aussi dans sa réclamation les fonds liés à des chantiers que l'État national a laissés sans continuité et que la province a dû financer pour éviter la détérioration de projets déjà engagés. Cette liste comprend des logements, des réseaux d'assainissement et des routes, notamment des tronçons des routes 18 et 20.
L'interruption des transferts non automatiques depuis décembre 2023 a accentué la pression sur les comptes provinciaux. La province a cessé de recevoir des ressources extérieures à la coparticipation fédérale, y compris des fonds liés à la production, au transport et à l'éducation. Cet ajustement l'a obligée à utiliser des fonds anticycliques pour maintenir les services, terminer des travaux et répondre à une demande sociale accrue.
Le gouvernement pampeen souligne que, même dans ce contexte, il n'a pas eu recours à des avances de coparticipation. Sa stratégie consiste à préserver l'équilibre fiscal par une gestion mensuelle des dépenses, l'assistance aux municipalités et des mesures de soutien à l'activité, comme les promotions de la Banque de La Pampa, les bonifications de taux, l'appui aux PME et les outils de commerce extérieur.
Ce cas expose une tension qui dépasse la discussion comptable. Pour La Pampa, la dette nationale affecte la sécurité sociale, l'infrastructure, les municipalités et la capacité de réponse économique. Pour le système fédéral, la réclamation repose une question centrale: quelle part de l'équilibre fiscal national est transférée aux provinces, et à quel coût territorial.