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Aguilar : « Si l'État accorde des avantages extraordinaires, il devrait aussi exiger un développement productif local »

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Le débat sur le Super RIGI a atteint le point qui inquiète le plus les chambres industrielles et les PME : ce que laisse dans l'économie argentine un grand investissement bénéficiant pendant des décennies de l'État. Ariel Aguilar, sous-secrétaire au Développement commercial et à la Promotion des investissements de la province de Buenos Aires, a soutenu que le projet comporte « zéro exigence de développement productif local ». Cette position expose une discussion de fond sur le modèle de pays.

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Le débat sur le Super RIGI ne porte plus seulement sur les avantages fiscaux ou sur la nécessité d'attirer des capitaux. L'axe commence à se déplacer vers une autre question : **ce que l'Argentine obtient en échange de l'octroi d'avantages exceptionnels pendant trente ans**.

Ariel Aguilar, sous-secrétaire au Développement commercial et à la Promotion des investissements de la province de Buenos Aires, a porté cette interrogation au Sénat lors de l'examen du projet : « **Zéro exigence de développement productif local** », a-t-il résumé.

Cette phrase touche l'un des points les plus sensibles pour l'industrie et les chambres d'entreprises. Un investissement de 1 milliard de dollars peut générer des fournisseurs, de l'emploi, de la technologie et de nouvelles capacités locales. Mais il peut aussi importer presque tout son équipement et ses intrants, et fonctionner avec peu de liens avec les entreprises argentines.

Pour Aguilar, le projet n'établit pas d'outils suffisants pour éviter ce second scénario. L'un des points contestés est que le régime ne garantit pas de pourcentages obligatoires d'achats auprès de fournisseurs nationaux. « **Il n'y a pas d'achat national** », a averti le fonctionnaire en analysant la portée du projet.

Le problème est particulièrement important pour les PME. Si l'État accorde des avantages fiscaux, douaniers et réglementaires extraordinaires, la discussion est de savoir s'il doit aussi utiliser cette négociation pour exiger une intégration productive. La question n'est pas mineure : c'est là qu'un investissement devient —ou non— une politique industrielle.

### Trente ans, mais sans contreparties équivalentes

Aguilar a également remis en question les trente années de stabilité prévues par le régime. « **Aucun pays n'offre un délai comparable** », a-t-il déclaré lors de son exposé, en mettant l'accent sur l'ampleur des garanties accordées face aux obligations exigées.

L'argument est simple : si l'État renonce à des ressources et gèle des conditions pendant trois décennies, il devrait savoir ce qu'il obtient en échange. Le fonctionnaire a également réclamé une évaluation de la dépense fiscale. Autrement dit, mesurer combien l'État cessera de percevoir en conséquence des avantages accordés. De ce point de vue, il ne suffit pas de comptabiliser le montant annoncé d'un investissement. Il faut aussi mesurer son coût fiscal et son impact sur les fournisseurs, l'emploi, la connaissance et la valeur ajoutée nationale.

### Deux modèles

La position exposée par Aguilar s'inscrit dans la ligne productive soutenue par le ministère de la Production de la province de Buenos Aires, dirigé par Augusto Costa.

Cette position ne rejette pas les grands investissements. Elle discute les conditions dans lesquelles ils doivent entrer. Le point est politique et économique : **un investissement n'équivaut pas automatiquement à du développement**.

Une usine peut être installée sur le territoire argentin et, en même temps, générer peu d'enchaînements avec l'économie locale. Elle peut importer de la technologie, des biens d'équipement et des intrants sans développer de fournisseurs nationaux.

C'est pourquoi la discussion sur le Super RIGI commence à se transformer en une discussion sur le modèle de pays. D'un côté, une vision qui considère qu'il suffit d'attirer des capitaux et de créer des conditions stables pour que les investissements arrivent. De l'autre, une politique qui cherche à utiliser ces investissements pour développer des entreprises nationales, de la technologie, de l'emploi qualifié et des chaînes productives.

Aguilar a demandé au Sénat de revoir le projet avant d'avancer vers un avis. Son argument central a été résumé dans une phrase qui continuera probablement d'apparaître dans le débat entrepreneurial :

**« Si l'État accorde des avantages extraordinaires, il devrait aussi exiger un développement productif local »**

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