Jorge Spíndola et la Asociación Argentina de Abogados Ambientalistas ont promu un recours environnemental collectif devant la Justice Fédérale contre le Estado Nacional, YPF et la Provincia del Chubut. La demande vise à déclarer nul le Acta Acuerdo signé le 26 juin et ratifié par la Ley XVII N° 166. Elle demande également que la Municipalidad de Comodoro Rivadavia soit citée en tant que tiers.
L'accord a transféré les concessions de El Tordillo, La Tapera, Puesto Quiroga, Escalante-El Trébol, Campamento Central-Cañadón Perdido et Manantiales Behr. Selon la présentation, la loi libère YPF de toute responsabilité passée, présente et future pour les passifs environnementaux générés pendant plus de cent ans d'exploitation. En contrepartie, l'entreprise s'est engagée à verser USD 25.000.000, des véhicules et terrains, tandis que la Province a assumé les éventualités futures.
Le recours conteste également l'inclusion de Restinga Alí. Le registre officiel cité dénombre 560 puits dans cette zone maritime et plus d'un tiers n'indique pas d'état d'abandon. Les demandeurs affirment qu'il n'y a eu ni audit spécifique ni acte administratif justifiant la levée de responsabilité. Ils contestent également que l'étude générale ait été commandée et payée par YPF sans contrôle technique provincial indépendant.
L'action incorpore des arguments de participation publique et de santé. Elle soutient que l'accord a été signé sans consultation citoyenne préalable et mentionne des puits inactifs ou mal scellés dans l'ejido urbain, certains sous des habitations. À Comodoro, on recense 6.000 puits : environ 3.700 classés comme abandonnés et 1.700 comme inactifs. La demande relie cette situation à d'éventuelles expositions au benzène, au toluène et aux xylènes.
Les demandeurs estiment que seule la fermeture définitive des puits urbains pourrait coûter entre USD 240 millions et USD 740 millions. À titre de comparaison, ils citent l'accord de YPF avec Santa Cruz, qui prévoyait USD 335 millions et un plan obligatoire de remédiation. Ils demandent également de répartir la responsabilité patrimoniale : à Estado Nacional pour les passifs antérieurs au 31 de décembre de 1990 et à YPF pour les passifs postérieurs.
À titre conservatoire, ils ont demandé de suspendre l'accord et la loi, d'empêcher la cession de concessions à des entreprises tierces et d'interdire les opérations de scellement ou d'abandon sans préavis à la partie demanderesse. Aucune de ces mesures n'avait été accordée au moment du dépôt de la demande. La prochaine étape sera la décision de la Justice fédérale sur la mesure conservatoire, puis sur le fond ; pour l'instant, la convention reste contestée, mais elle n'a pas été annulée judiciairement.