Ricardo Quintela a lancé une réforme institutionnelle clé à La Rioja en envoyant à la Législature un projet de création d'une Justice électorale provinciale spécialisée.
L'initiative ne modifie pas la manière de voter ni le système électoral de façon directe, mais elle redessine l'autorité chargée d'administrer, contrôler et résoudre les conflits liés aux élections provinciales.
Le cœur du projet est la création d'un Tribunal électoral au sein du pouvoir judiciaire, doté d'une autonomie fonctionnelle et d'une autarcie financière. Cet organisme interviendra depuis l'élaboration du calendrier électoral jusqu'au scrutin définitif.
Le Tribunal aura également compétence sur les contestations de candidatures, la confection du registre électoral provincial, la superintendance du nouveau Juzgado électoral et l'élaboration de son propre budget. La réforme crée donc une structure dotée d'un poids opérationnel et d'une capacité de décision sur l'ensemble du processus.
La proposition prévoit aussi un Juzgado électoral. Son magistrat sera désigné selon la procédure générale de sélection des juges dans la province : concours au Conseil de la magistrature, liste de trois candidats et approbation législative par les deux tiers des présents. Le mandat durera dix ans.
Le contexte politique favorise l'officialisme. Le bloc justicialiste contrôle 30 des 36 sièges de la Chambre des députés et ajoute un allié de Fuerza Patria. Cette majorité permet à Quintela de faire avancer le projet sans grands obstacles parlementaires.
L'opposition conteste la portée de la réforme. Depuis La Libertad Avanza, le député Diego Molina Gómez a accusé l'officialisme de créer une nouvelle structure judiciaire pour intervenir sur les personnalités juridiques, les partis et le contrôle électoral, et a alerté sur une tentative de coloniser la justice.
La discussion riojana entre ainsi dans le cycle électoral 2027 avec une question de fond : la création d'une Justice électorale spécialisée renforcera-t-elle l'institutionnalité provinciale ou consolidera-t-elle le contrôle politique de l'officialisme sur les règles de la compétition.