Fournisseurs et entrepreneurs de Fábrica Argentina de Aviones Brigadier San Martín envisagent d'engager des actions en justice pour recouvrer des dettes s'élevant à environ US$22 millions. La situation se développe après près de deux ans d'activité réduite, de manque de fonds de roulement et de retards dans des contrats publics considérés comme essentiels pour générer des revenus. Aucune action collective déjà déposée ni l'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire n'ont été signalées : les deux scénarios restent des possibilités.
Le budget de l'entreprise projette pour 2026 un passif total de ARS 152.003,8 millions, supérieur aux revenus d'exploitation prévus pour l'exercice. La dette envers les fournisseurs est particulièrement sensible car elle comprend des biens, composants et services qui soutiennent la chaîne aéronautique. Lorsque ces paiements sont reportés, les entreprises créancières finissent par financer involontairement l'opération et réduisent leur propre marge pour maintenir le personnel, les stocks et l'investissement. La comparaison entre le passif et les revenus prévus indique une tension financière, mais ne démontre pas à elle seule l'insolvabilité, car il faut également prendre en compte les actifs, les échéances et le soutien de l'actionnaire public.
Parmi les fournisseurs mentionnés figurent des entreprises nationales et étrangères liées à des ensembles critiques : Elbit, Israel Aerospace Industries, Liebherr Aerospace, Honeywell, Lockheed Martin, Prodismo, MBA, Inmeba, DTA, AOG et ADE, ainsi que des membres du Cámara Argentina Aeronáutica y Espacial. L'énumération montre un réseau complexe, mais ne permet pas de savoir combien chaque entreprise doit recevoir, quelles obligations sont échues ou lesquelles pourraient être soumises à des contestations contractuelles.
FAdeA est une société anonyme contrôlée par l'État national et dépend du Ministerio de Defensa. Son principal client historique est le Fuerza Aérea Argentina. L'entreprise réunit des infrastructures, du personnel qualifié et des capacités de maintenance, de modernisation et de fabrication qui dépassent le bilan d'une entreprise ordinaire. L'interruption prolongée des charges de travail peut provoquer le départ de techniciens dont la formation demande des années et des ressources publiques. C'est pourquoi une crise de liquidité peut interrompre des programmes de défense, dégrader le savoir industriel et transférer des difficultés aux petites et moyennes entreprises spécialisées.
La version sur un éventuel redressement judiciaire décrit un outil possible pour réorganiser les obligations sous supervision judiciaire ; cela n'équivaut ni à une faillite ni à une fermeture. Pour que ce processus existe, il doit y avoir une présentation et une décision judiciaire d'ouverture, éléments qui n'ont pas été signalés. De même, le fait que les fournisseurs envisagent de poursuivre en justice ne signifie pas qu'une décision, une mesure conservatoire ou une demande de liquidation contre l'usine existe déjà.
Le nœud immédiat réside dans les contrats capables de rétablir le flux de fonds. Les sources mentionnent des décisions en attente dans le domaine de la Défense, bien qu'elles ne détaillent ni les calendriers, ni les montants, ni les avances, ni les volumes de travail. Sans ces précisions, il est impossible d'estimer le revenu supplémentaire dont FAdeA aurait besoin ni si les transferts étatiques prévus seraient suffisants pour régler les retards. La projection du passif est également une estimation annuelle et devra être comparée avec les états comptables effectivement approuvés. Un contrat signé ne résoudrait pas non plus automatiquement la trésorerie s'il n'inclut pas des avances suffisantes et un calendrier compatible avec l'achat de composants importés.
L'évolution doit être vérifiée sur trois plans : le paiement aux fournisseurs, la signature des contrats et la continuité productive. Il sera également nécessaire de connaître l'effectif, les programmes encore actifs, l'échéance de chaque obligation et toute procédure judiciaire. Si une procédure collective est engagée, il faudra distinguer la demande, l'ouverture, la vérification des créances et un éventuel accord. Si seules les actions individuelles avancent, l'impact dépendra de leurs montants et mesures. L'avertissement actuel est grave car il expose une chaîne d'approvisionnement sans liquidités ; la présenter comme la fermeture de FAdeA serait incorrecte. Le fait vérifiable est que les créanciers envisagent de recourir à la Justice tandis que l'entreprise publique prévoit un passif élevé et maintient une activité limitée.