Les derniers indicateurs du marché du travail dans l'agglomération Jujuy-Palpalá ont ouvert un débat sur l'écart entre chômage déclaré et qualité réelle des emplois. Au deuxième trimestre 2026, l'INDEC a estimé le chômage à 3,4 %, soit au moins 6 000 personnes. La même enquête recense 30 000 actifs déjà occupés qui cherchent un autre poste, signe d'insatisfaction concernant revenus, horaires ou conditions.
Le rapport officiel compte aussi 11 000 sous-employés, travaillant involontairement moins de 35 heures par semaine et souhaitant augmenter leur durée. Cette catégorie révèle une dimension absente du taux de chômage, puisqu'une personne reste considérée comme occupée malgré un nombre d'heures insuffisant. Recherche supplémentaire et sous-emploi traduisent donc une pression supérieure au chiffre global.
Hebert Lima, membre de l'Espace de participation populaire, conteste la capacité des indicateurs à représenter les quartiers et activités provinciales. Il met en cause les mesures locales et l'aptitude du taux de chômage à montrer l'informalité. Son appréciation ne remplace pas les statistiques publiques, mais pose la question des formes précaires cachées dans la catégorie générale d'emploi.
Selon Lima, une part importante de l'économie de Jujuy repose sur des emplois informels ou des régimes de micro-entrepreneur instables. Ils peuvent être dépourvus de continuité, congés, cotisations, indemnisation ou assurance maladie. Il affirme que les informels gagnent en moyenne 40 % de moins que les salariés déclarés, ce qui accroît leur vulnérabilité face à une baisse d'activité ou une maladie.
L'absence de couverture médicale affecte également le système public. Les travailleurs sans assurance dépendent des hôpitaux et centres de santé, transformant la précarité en demande supplémentaire. Le problème dépasse le revenu individuel: il réduit les cotisations de retraite, affaiblit la protection contre le licenciement et concentre davantage de besoins dans les services provinciaux.
Le responsable attribue l'informalité au manque de politiques productives durables et d'inspections suffisantes. Il cite la restauration, l'hôtellerie et les mines, demandant davantage de contrôles et de transformation locale des ressources. Il propose d'ajouter des étapes industrielles à Jujuy pour créer des emplois déclarés. Aucun projet concret ni réponse des entreprises ou du gouvernement provincial n'a été communiqué.
Le débat sur l'emploi rejoint aussi la question alimentaire. Lima indique que son organisation a dû fermer trois cantines et centres de goûter à Palpalá faute d'aide publique. Ces lieux formaient un réseau de subsistance pour des familles aux revenus instables; leur fermeture réduit la capacité communautaire et expose davantage les ménages dépendant d'un travail informel ou insuffisant.
Le prochain débat devra relier chômage ouvert, pression des personnes cherchant davantage de travail et univers informel sans protection complète. Les chiffres officiels mesurent chômage et sous-emploi, tandis que les organisations demandent des données sur la qualité et les revenus. La réponse provinciale dépendra des inspections, de la politique productive, de la couverture sociale et de l'aide aux secteurs précaires.