La table de dialogue convoquée par le Ministerio de Derechos Humanos de Misiones n'a pas résolu le conflit territorial entre la communauté mbya guaraní Puente Quemado II et Alfredo Roberto Ruff, titulaire du registre de Lote 78 du lieu-dit Cañafístula, à Garuhapé. La réunion a permis d'exposer positions, besoins et antécédents, mais n'a pas produit de rapprochement entre les parties.
Trois interprètes, les avocats des deux parties, des organisations sociales, des responsables provinciaux et municipaux ainsi que des habitants ont participé. Le chef Santiago Ramos a pris la parole au nom de la communauté, tandis que Ruff a présenté son point de vue sur l'origine et la situation actuelle du litige. La présence d'interprètes visait à garantir que chaque partie puisse intervenir au cours de la séance.
Le procès-verbal a établi que la participation n'implique ni renonciation, ni désistement, ni modification des actions judiciaires existantes. Elle ne modifie pas non plus les droits territoriaux revendiqués par la communauté ou par le titulaire inscrit. Cette précision limite la portée de la table : elle était un canal de conversation, non une décision judiciaire ni un accord ayant des effets définitifs sur le lot.
La possibilité d'organiser une nouvelle réunion a été laissée ouverte si l'une des parties considère utile de poursuivre l'échange. Si aucune nouvelle instance n'est demandée, le conflit se poursuivra par les voies judiciaires appropriées dans le cadre des procédures en cours. Par conséquent, l'absence d'accord ne clôt pas le dossier ni ne définit la possession ou la titularité discutée.
Puente Quemado II fait partie du groupe de 50 communautés guaranies avec un dossier technique de l'enquête territoriale prévue par la loi 26.160 et avec l'aval de INAI. En juillet, le juge d'instruction de Jardín América, Roberto Senna, a ordonné l'expulsion de plusieurs familles d'un secteur relevé dans le Lote 78. La procédure a été exécutée le 28 juillet.
Après l'expulsion, la représentation légale de la communauté a présenté un recours en révision afin que le même juge examine, modifie ou annule la décision. Plusieurs familles sont revenues pacifiquement dans le secteur, tandis que Ruff a demandé de rétablir la situation postérieure à la première procédure et a maintenu l'exploitation productive. Ces questions restent en conflit et devront être résolues par un autre dialogue ou par décision judiciaire.