Le gouvernement national a ouvert un examen d'entreprises liées au développement pétrolier Sea Lion aux Malvinas, atteignant deux fournisseurs déjà intervenus sur un ouvrage stratégique de Vaca Muerta. Les sociétés néerlandaises Fugro et Bluewater Energy Services ont participé à des composants de Vaca Muerta Oil Sur, dont le terminal est construit à Punta Colorada, Río Negro. Elles figurent désormais parmi les entreprises analysées au titre de la loi 26.659. Leur présence sur la liste n'est pas encore une sanction : elle ouvre une procédure destinée à établir faits, dates et responsabilités.
La loi 26.659, adoptée en 2011, impose des restrictions aux personnes et sociétés menant des activités hydrocarbures non autorisées sur le plateau continental argentin. Le ministre Pablo Quirno a indiqué que l'État examine 45 entreprises reliées à Sea Lion, projet situé au nord des îles. L'objectif officiel est d'appliquer la disposition interdisant d'opérer en Argentine aux acteurs qui soutiennent des exploitations jugées illégales. Pour chaque cas, l'administration devra cependant prouver le lien, en définir la portée et respecter les droits de la défense.
Bluewater a construit les bouées d'amarrage du port pétrolier de Punta Colorada, essentielles au chargement de brut sur de grands navires. Le consortium VMOS affirme que le contrat a été signé le 12 juin 2025, soumis aux contrôles de conformité et qu'à cette date l'entreprise n'avait aucun lien avec les opérateurs de Sea Lion. Les travaux étaient terminés avant que la controverse prenne son ampleur actuelle. Cette chronologie déterminera s'il existait une incompatibilité juridique ou une relation ultérieure sans effet sur un contrat déjà exécuté.
Fugro a réalisé des études du fond marin et des travaux géotechniques nécessaires au choix du site des bouées dans le golfe San Matías, selon ses propres informations. Des représentants d'YPF ont toutefois nié qu'elle ait travaillé pour le consortium. La contradiction exige des documents contractuels et techniques : le service a pu passer par un autre prestataire ou une relation différente de celle reconnue par l'opérateur principal. Avant toute sanction, le dossier devra établir qui a engagé la société, quelle tâche a été accomplie et à quelle date.
VMOS réunit YPF, Pluspetrol, Pan American Energy, Vista, Pampa Energía, Chevron, Shell et Tecpetrol. L'oléoduc et le terminal maritime sont à un stade avancé et devraient commencer à exporter en 2027. La capacité initiale prévue est de 120 000 barils par jour, puis 550 000, avec une possibilité de 700 000. À cette échelle, toute modification de la chaîne d'approvisionnement peut affecter délais, garanties et maintenance, même si les travaux attribués à Fugro et Bluewater seraient déjà achevés.
La discussion dépasse deux contrats. Les études sous-marines, l'amarrage offshore et la construction de bouées sont des services spécialisés concentrés chez un nombre limité de fournisseurs mondiaux. Daniel Dreizzen estime que Sea Lion dispose d'alternatives et que les restrictions argentines ne l'arrêteraient pas nécessairement. Juan José Carbajales avertit qu'une modification par décret des conditions applicables aux investissements RIGI pourrait entamer la stabilité promise pour trente ans et provoquer des réponses commerciales ou financières depuis Londres. Ce sont des évaluations, non des résultats établis.
Le défi consiste à appliquer fermement la politique argentine sur les Malvinas sans créer d'incertitude rétroactive pour des travaux conclus sous des règles antérieures. Une déclaration obligeant les fournisseurs RIGI à certifier qu'ils ne travaillent pas avec Sea Lion pourrait valoir pour l'avenir ; son application à des contrats achevés ouvrirait un litige. Ignorer des liens ultérieurs affaiblirait toutefois l'effet dissuasif de la loi. Il faut des critères publics sur temporalité, contrôle des sociétés, type de service, connaissance du contractant et conséquences graduées selon les conduites établies.
La prochaine étape est l'enquête administrative. Les entreprises devront être notifiées, produire leurs dossiers et expliquer leurs relations contractuelles, tandis que les autorités des Affaires étrangères, de l'Énergie et les organismes compétents décideront d'une éventuelle infraction. VMOS doit savoir si l'examen touche des garanties futures ou seulement des activités postérieures. Río Negro, siège du port exportateur, veut éviter tout retard. La décision finale devra défendre la position argentine sur les Malvinas tout en assurant la prévisibilité juridique d'une infrastructure centrale pour les exportations énergétiques.