Des organisations sociales et territoriales de Jujuy ont relancé la revendication pour une urgence en matière de logement face à une estimation de plus de 64 000 familles sans domicile. La critique principale porte sur les exigences du Instituto de Vivienda y Urbanismo de Jujuy, qui imposent des conditions difficiles à remplir pour les travailleurs informels et indépendants. La demande combine l'accès au crédit, la disponibilité de terrains et les services de base dans les zones d'expansion urbaine.
Le calcul a été diffusé par la CTA Frente Barrial à partir d'enquêtes nationales et situe la province parmi les juridictions ayant la plus forte demande insatisfaite de la région. Marcelo Cavero a soutenu que les politiques développées ces dernières années n'ont pas couvert le besoin réel et a signalé que certains lots ont été livrés sans infrastructure essentielle. Cette évaluation appartient à l'organisation et fonde sa demande de déclarer l'urgence.
L'exclusion signalée n'est pas nécessairement liée à un manque de capacité de paiement. Selon Cavero, de nombreuses familles louent ou vivent entassées et soutiennent leurs revenus grâce à l'économie populaire, au commerce indépendant ou à des activités non enregistrées formellement. Ne disposant pas de bulletin de salaire, elles restent exclues du système de crédit officiel même si elles pourraient assumer une mensualité. La demande exige d'adapter les critères de l'IVUJ à la structure professionnelle effective de la province.
La Mesa Nacional de Barrios Populares et le Foro de Hábitat Digno ont transféré la discussion à la Législature. Leurs représentants ont tenu des réunions avec des membres de la Commission des Travaux et Services Publics pour promouvoir une Ley de Hábitat Digno. Lors de la présentation, ils ont trouvé des points communs avec des groupes d'opposition sur la nécessité de mettre à jour la réglementation, bien que le projet nécessite encore un traitement parlementaire et n'ait pas été transformé en loi.
La proposition vise à ce que la politique du logement ne se limite pas à la construction d'une maison. Elle propose d'intégrer la santé, le transport, l'éducation et les espaces communautaires dans la planification des nouveaux quartiers, de manière à ce que l'accès à un terrain inclue des conditions urbaines de base. Cette perspective répond à la critique concernant les lotissements livrés sans services et élargit le débat du logement individuel vers l'habitat intégral.
Le prochain jalon sera le Congrès du NOA sur l'Habitat Digne, prévu pour le 3 octobre au Club Luján de San Salvador de Jujuy. La rencontre réunira des référents et des spécialistes en développement urbain de différentes provinces pour discuter de la terre et du logement. Avant cette date, l'avancement concret dépendra de la Législature : elle devra décider si elle ouvre le traitement de l'urgence et si elle incorpore des mécanismes permettant de postuler pour ceux qui travaillent en dehors de l'emploi formel.