Javier Milei présentera par chaîne nationale une réforme de la charte de la Banque centrale qui transforme l'institution sans la supprimer. Le message, prévu à 20 heures et enregistré à la Maison Rose avec l'équipe économique, précédera l'envoi du projet au Congrès au début d'août.
Le texte recentre l'organisme sur deux fonctions : préserver la valeur de la monnaie et fournir des liquidités au système financier. Il retire d'autres missions jugées incompatibles avec la stabilité monétaire et interdit durablement à la Banque centrale de financer le Trésor.
L'interdiction couvrira les mécanismes directs et indirects. Une seconde mesure supprimera les lettres incessibles émises par l'État au bénéfice de la Banque centrale, des actifs qui ne peuvent être négociés. La réforme touche donc le mandat légal et la composition du bilan.
Le quatrième axe concerne la gouvernance. Le projet relèvera les conditions nécessaires pour révoquer le président et le directoire et renforcera leur stabilité. Cette architecture consolide la continuité sous Santiago Bausili et limite les changements brusques après une alternance politique.
L'annonce intervient après la reprise des achats de devises : 36 millions de dollars ont été acquis et les réserves brutes ont atteint 49,2 milliards. Ce contexte favorable ne remplace pas le débat parlementaire sur les compétences retirées et les instruments disponibles face à une crise de liquidité.
Milei avait bâti son identité politique sur la promesse de « dynamiter » la Banque centrale. Il conserve désormais l'institution sous un mandat très réduit, présenté comme un résultat équivalent. La prochaine étape sera le texte complet et la désignation de la chambre d'entrée, où seront mesurés les soutiens du pouvoir.