Leandro Santoro est revenu dans le débat stratégique de l'opposition avec une phrase qui résume sa lecture du moment : la division du péronisme n'est pas inévitable et la division de la droite n'est pas impossible.
La thèse touche le cœur du scénario politique national. Pour Santoro, l'issue des prochaines années ne dépendra pas seulement de la force du gouvernement de Javier Milei, mais aussi de la capacité de l'opposition à ordonner ses leaderships, construire des majorités et empêcher que ses différences internes ne deviennent irréversibles.
Son diagnostic conteste une idée installée dans une partie du système politique : le péronisme serait condamné à se fragmenter tandis que la droite conserverait automatiquement son unité. Santoro renverse cette prémisse et invite à regarder la carte avec davantage de mouvement et moins de déterminisme.
Dans cette lecture, le péronisme dispose encore d'une marge pour recomposer une synthèse large. Celle-ci devrait inclure des secteurs traditionnels, progressistes, syndicaux, territoriaux et urbains, sans réduire le débat à une interne de noms propres.
Le dirigeant observe aussi de possibles fissures au sein du pouvoir et de ses alliés. La coexistence entre libertariens, secteurs du PRO, gouverneurs, législateurs pragmatiques et droites plus dures peut devenir instable si surgissent des coûts sociaux, des disputes électorales ou des tensions sur le partage du pouvoir.
La Ville de Buenos Aires apparaît comme un laboratoire particulier de cette discussion. Santoro cherche à articuler un espace progressiste et péroniste capable de disputer un district historiquement adverse, mais stratégique pour tout projet national.
Le débat dépasse la tactique électorale immédiate. La question de fond est de savoir quel type d'opposition peut affronter Milei : une coalition défensive construite contre l'ajustement ou une proposition avec programme, identité démocratique, agenda social et capacité de gouvernement.
L'intervention de Santoro organise un message politique : rien n'est écrit d'avance. L'unité péroniste n'est pas close et la droite n'a pas sa cohésion garantie. L'issue dépendra de la conduite, de la stratégie et de la lecture sociale du nouveau cycle argentin.