La législature de Córdoba a repris ses séances après près de deux mois de paralysie, mais le conflit institutionnel principal reste sans solution. La majorité a présenté pour la troisième fois la demande de congé contre Alejandra Ferrero puis l'a renvoyée en commission sans débat. La décision a relancé les critiques sur l'utilisation de l'agenda parlementaire pour gérer une querelle politique.
Le justicialiste Leonardo Limia a porté la demande. L'affaire vient de la décision de Ferrero d'écarter de son bureau Omar Ludueña, agent titulaire accusé d'abus sexuel. Limia conteste ce qu'il considère comme une double norme dans les explications de l'élue et estime que le dossier, déjà discuté en commission, doit y rester.
Le dossier mêle des dimensions qui doivent être séparées. L'enquête pénale et professionnelle sur l'employé exige présomption d'innocence, protection des victimes possibles et décision compétente. La responsabilité politique de Ferrero concerne sa conduite, sa communication et la gestion de son bureau. Les fusionner affaiblit la procédure.
Neuf blocs d'opposition ont signé un communiqué commun et accusé le pouvoir d'avoir maintenu la législature inactive pendant près de deux mois pour finalement adopter la solution qu'il rejetait. Ils soutiennent que le renvoi en commission ne récupère pas le temps perdu et n'explique pas pourquoi un seul dossier a bloqué les séances.
La majorité affirme que la commission permet de réunir les antécédents, d'entendre les positions et d'éviter une décision précipitée. Cela n'est valable qu'avec calendrier, règles probatoires et date d'avis. Sinon, le renvoi devient une procrastination indéfinie et empêche la normalisation de l'agenda.
L'affaire révèle l'absence de règles internes claires sur congés, sanctions et éthique. La législature devrait définir les conduites, l'enquête, les droits, la protection des informations et la majorité requise. Sans procédure prévisible, chaque bloc interprète le traitement selon son intérêt et un conflit individuel bloque le travail collectif.
Malgré la tension, les élus ont créé une Semaine provinciale des clubs sportifs, durant la troisième semaine d'octobre. Le projet reconnaît leur rôle social. Son adoption montre que la chambre peut avancer sur d'autres thèmes, tout en soulignant le coût des semaines sans débats sur budget, sécurité, services et contrôle.
La prochaine étape doit être un traitement avec délai et fondements publics. La commission devra préciser les faits, distinguer les responsabilités et rendre un avis pour la séance. La normalité reviendra lorsque le conflit ne déterminera plus l'ouverture des sessions et sera résolu par une procédure transparente respectant les garanties et l'obligation de légiférer.