Axel Kicillof a réuni pendant près de trois heures plus de quarante maires du Movimiento Derecho al Futuro au siège du gouvernement provincial. La rencontre devait ordonner une agenda mêlant besoins municipaux et projection nationale du gouverneur. Carlos Bianco, Cristina Álvarez Rodríguez, Gabriel Katopodis et Andrés Larroque représentaient le noyau reliant gestion, construction partisane et territoires.
La priorité des maires était le retour des réélections sans limite. La loi 14.836 de 2016 n'autorise qu'une réélection consécutive pour maires, législateurs, conseillers et membres scolaires. Sans réforme, environ quatre-vingt-un maires ne pourront concourir en 2027; cinquante-deux sont péronistes et vingt-huit appartiennent au MDF. La continuité du principal réseau de Kicillof est en jeu.
Le gouverneur soutient la réforme mais a exclu une solution judiciaire. Certains espéraient que la Cour provinciale déclare la limite inconstitutionnelle, mais elle considère le conflit politique. La stratégie est donc de pousser le changement par le PJ, les sections locales et la législature, où le pouvoir ne dispose d'aucune majorité automatique.
Le projet de la sénatrice Ayelén Durán supprime la restriction, mais n'a pas atteint la séance. Il faudra négocier avec les courants péronistes, le Frente Renovador, La Cámpora et l'opposition. Les partisans affirment que la Constitution n'impose pas cette limite; les critiques défendent l'alternance et la réduction des avantages des sortants.
Les primaires ont formé le deuxième axe. Kicillof et les maires ont défendu les PASO nationales et provinciales pour ordonner la succession au gouvernorat et les listes. La position protège aussi le MDF contre une décision fermée d'autres dirigeants. Si la Nation suspend les PASO, Buenos Aires devra conserver son système, organiser des internes ou modifier son calendrier.
La possibilité d'élections concurrentes reste ouverte. Elle permettrait d'utiliser la traction présidentielle péroniste et la mobilisation municipale, mais lierait la province à une compétition nationale incertaine. Si Kicillof se présente à la présidence, il aura besoin des maires pour mobiliser et contrôler le vote dans le plus grand district du pays.
La réunion a également voulu montrer que le MDF dépasse la province. Les maires revendiquent sa croissance et Kicillof prépare des tournées hors de Buenos Aires. Mais un projet national exige des dirigeants provinciaux, un programme économique, des liens syndicaux et une capacité de négociation avec Cristina Kirchner, Sergio Massa et les gouverneurs.
La prochaine étape est de transformer le consensus en voix avant la fin de l'année. Kicillof doit négocier les réélections, défendre les primaires et choisir le calendrier sans casser la coalition. S'il conserve les maires, le MDF gardera sa base territoriale pour 2027; en cas d'échec, il devra organiser de nombreuses successions locales pendant la bataille nationale.