Le péronisme a déplacé à mai 2027 une partie centrale de ses décisions nationales et bonaerenses. Axel Kicillof et Máximo Kirchner, issus de secteurs internes différents, ont désigné ce mois comme l'échéance pour ordonner la stratégie présidentielle et les candidatures dans la province de Buenos Aires. D'ici là, chaque courant poursuivra ses tournées, son implantation territoriale et ses propres mesures d'opinion, sans mécanisme définitif pour trancher les divergences.
Cette convergence de calendrier ne constitue pas un accord politique achevé. Kicillof veut discuter en mai la candidature présidentielle du mouvement, tandis que le kirchnérisme a demandé à ses responsables de se positionner dans leurs districts et d'attendre la décision nationale. Parallèlement, le gouverneur doit organiser la compétition pour sa succession, marquée par les ambitions de maires, ministres, parlementaires et représentants des différents courants justicialistes.
Au sein du Movimiento Derecho al Futuro, Jorge Ferraresi, Fernando Espinoza, Julio Alak et Gabriel Katopodis ont convenu de parcourir la province et de comparer des études d'opinion avant la clôture des listes. L'objectif est de privilégier la personne réunissant les meilleures conditions électorales et la plus grande capacité de projection. Cet accord vaut comme règle interne du secteur de Kicillof, sans lier les autres groupes péronistes ni exclure une compétition plus large.
Le paysage bonaerense comprend également Federico Otermín, Federico Achával, Leonardo Nardini, Mariel Fernández, Eduardo de Pedro et d'autres noms cités dans les discussions. Sergio Massa maintient sa priorité présidentielle, même s'il apparaît aussi dans des mesures provinciales. Les proches de Kicillof réclament des primaires et estiment que leur implantation municipale leur permettrait de concourir avec force, une appréciation contestée par les autres secteurs.
La principale variable extérieure est la décision du gouvernement national sur les PASO. La présidence souhaite les supprimer ou les suspendre avant le débat sur le budget 2027, et Diego Santilli négocie avec les gouverneurs pour réunir des voix au Congrès. Plusieurs dirigeants provinciaux conditionnent leur soutien à des accords dans leurs territoires et attendent de nouvelles réunions pendant l'Argentina Week à Paris, sans majorité parlementaire formalisée à ce stade.
La décision nationale aurait un effet direct à Buenos Aires. La loi provinciale 14.086 relie les primaires bonaerenses à la convocation nationale : si l'exécutif national ne convoque pas les primaires présidentielles, le scrutin provincial pourrait rester sans date, comme en 2025. Des spécialistes électoraux engagés dans le débat estiment que le gouverneur conserverait des instruments pour les rétablir par décret, ce qui ouvrirait une nouvelle controverse juridique et politique.
En cas de suspension, des responsables du Parti justicialiste examinent une élection interne organisée par le parti pour choisir le ticket présidentiel. Cette option rappelle les mécanismes antérieurs à la loi sur les primaires, mais soulève des objections concernant les fichiers électoraux, le contrôle et les recours judiciaires. La charte nationale du PJ prévoit en outre que la candidature présidentielle soit choisie selon la loi 26.571, de sorte qu'un remplacement exigerait une décision organique acceptée par les courants internes.
La négociation dépasse les noms des candidats. La réélection des maires, le bulletin papier unique, un éventuel découplage du calendrier, la composition de la Cour suprême provinciale et les procédures de révision de la Commission électorale font partie du paquet. Les prochaines étapes seront le débat national sur les PASO, les discussions législatives de fin d'année et le dialogue entre Kicillof, Cristina Fernández de Kirchner, Massa et Máximo Kirchner avant l'échéance de mai.