La province de Río Negro a franchi une étape innovante dans la gestion de ses ressources naturelles en approuvant un accord commercial avec l'entreprise cosmétique Novachem pour l'utilisation de deux espèces indigènes de Patagonie. Il s'agit du maqui (Aristotelia chilensis) et du pichi ou palo piche (Fabiana imbricata), des plantes que l'entreprise utilise pour produire des ingrédients actifs commercialisés en Argentine et à l'étranger. La mesure, officialisée par le décret 673/26, établit un mécanisme de redevances qui permettra à la province de participer aux bénéfices économiques générés par l'exploitation de sa biodiversité.
Selon les dispositions du décret, Novachem doit verser à la province des redevances équivalentes à 0,5 % pour la vente de produits fabriqués avec du maqui et à 0,25 % pour ceux développés avec du pichi. L'accord fixe non seulement un pourcentage sur les ventes, mais établit également que les fonds collectés seront entièrement affectés à la conservation de la biodiversité, à la surveillance environnementale et au renforcement des politiques environnementales provinciales.
L'initiative vise à concilier le développement productif avec la protection du patrimoine biologique. Les responsables du gouvernement provincial ont indiqué que l'objectif est de promouvoir une croissance économique fondée sur la connaissance et l'innovation, sans perdre le contrôle sur les ressources génétiques. En ce sens, l'accord reconnaît la souveraineté de Río Negro sur ses ressources naturelles et exige que le matériel végétal utilisé par l'entreprise provienne de fournisseurs locaux dûment enregistrés.
L'accord établit également des mécanismes de traçabilité et de contrôle de l'État tout au long de la chaîne de valeur. L'entreprise ne peut procéder à de nouvelles extractions de ressources génétiques sans l'autorisation expresse de la province, et la possibilité de réviser le pourcentage de participation économique de Río Negro en fonction de l'évolution du marché est prévue. Ces clauses visent à garantir que la province conserve un rôle actif dans la réglementation et la supervision de l'activité.
La signature de l'accord avec Novachem représente un précédent inédit dans la région et jette les bases de futurs accords avec d'autres entreprises intéressées par l'utilisation commerciale d'espèces indigènes. Le Secrétariat à l'environnement et au changement climatique, qui a mené les négociations, a souligné que le modèle de redevances permet de générer des ressources pour la conservation sans entraver l'investissement privé, et que le contrôle des extractions assure la durabilité à long terme de la ressource.
Avec cette mesure, Río Negro se positionne comme l'une des premières provinces argentines à mettre en œuvre un système de rémunération économique pour l'utilisation de sa biodiversité à des fins commerciales. Le défi consiste désormais à surveiller le respect de l'accord et à évaluer son impact à la fois sur la conservation des espèces et sur le développement de l'industrie cosmétique locale, dans un contexte où la demande d'ingrédients naturels d'origine patagonienne ne cesse de croître.